Affichage des articles dont le libellé est lisons. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est lisons. Afficher tous les articles

dimanche 6 juin 2010

l'être ou le néant (ou on a retrouvé l'"e" disparu de Georges P)

alors que certains fêtent l'arrivée du ipad comme un objet révolutionnaire, dématérialisant livres et bibliothèques, j'ai eu envie de faire un petit coussin typographique qui accompagnera petite E dans les lectures papierséistes du soir... !!

jeudi 27 mai 2010

prix littéraire

Cette année dans le cadre du prix littéraire des lycéens et apprentis de la région Paca, j'ai eu à lire 6 ouvrages et comme aujourd'hui était décerné le prix, je me suis dit que, ne connaissant pas encore le vainqueur, il était encore temps de faire ma petite chronique... donc cette année au programme il y avait :
 

Atelier 62 de Martine Sonnet - Le temps qu'il fait

Renault-Billancourt ! Symbole de la classe ouvrière à l'époque des grandes luttes sociales. Que savent les jeunes générations d'aujourd'hui des milliers d'ouvriers pour lesquels la vie s'est forgée autour cette énorme machinerie ? Que gardons-nous en mémoire de ce que nos pères, nos grands-pères ont enduré dans cet enfer de bruit et de ferraille, bijou de l'industrie française ? Leur histoire est la nôtre, leurs conquêtes, durement négociées, chèrement acquises, nous fondent aujourd'hui. Nous sommes le fruit de leurs victoires et de leurs défaites. Héros humble et fier, le forgeron Armand Sonnet les incarne et les encaisse. Une vie de labeur, clope au bec, droit dans ses brodequins !
Avec une infinie tendresse, Atelier 62 ravive le souvenir d'une réalité disparue et raconte une vie d'homme, pièce maîtresse des temps modernes.
Une écriture réduite à l'essentielle, style télégraphique un peu dérangeante au début, une construction en chapitres alternés souvenirs d'enfance/recherches historiques de l'atelier 62 par thématique. J'ai beaucoup aimé mais bien compris pourquoi les élèves n'avaient pas du tout accroché...
Un de mes préférés.


Corniche Kennedy de Maylis de Kerangal - Verticales

Décor d'un Marseille mi-fictif mi-réel. Les "petits cons" de la corniche plongent dans un vide hors frontière qui pourrait bien être le leur. Trois mètres, sept, douze… En bas la Grande Bleue, l'euphorie ou la tragédie. Quelle peur cherchent-ils à vaincre, au juste ? et que masquent-ils derrière leur attitude téméraire ? En bande pour se donner du courage, s'inventer une posture, donner un public à leur rituel, ils provoquent sciemment l'autorité et jouent leur vie à qui perd gagne. Suzanne fuit les beaux quartiers pour s'approcher d'eux, comme aimantée. De loin, fidèlement pourrait-on dire, le commissaire Sylvestre Opéra les observe tous. À chacun ses fêlures, à chacun ses attentes secrètes. Éviter le pire, ne pas entrer dans leur jeu. La vie est un défi sans cesse renouvelé.
Je n'ai accroché ni sur le sujet, ni sur l'histoire, ni sur l'écriture...


La Couleur de l'aube de Yanick Lahens - Sabine Wespieser éditeur
 
Au petit matin, Port-au-Prince résonne des affrontements de la nuit. La nuit où, dans une atmosphère lourde de révolte mêlée de banditisme, les visages se confondent, comme se confondent amis et ennemis. Angélique et Joyeuse attendent leur jeune frère Fignolé. Dans l'alternance de leur inquiétude et de leur voix, surgit un pays à la dérive, anéanti par les dictatures, la misère, le non-droit. Vivre est survivre. Il faut affronter le poids des traditions, les trahisons, la violence, l'injustice, la misère toujours. Une violence sourde gronde en permanence, celle de la liberté qui s'affiche, celle des renoncements, celle de l'espoir étouffé. Fignolé n'est pas rentré cette nuit.
Commencée juste après le tremblement de terre, ma lecture a évidement été un peu moins objective ou peut être simplement éclairée d'une connaissance nouvelle de ce pays... Encore un livre construit à deux voies, deux soeurs diamétralement opposées qui racontent la difficulté de vivre dans cet Haïti abandonné de tous. Un beau roman qui ouvre les yeux sur ces laissés-pour-compte.


La Taille d'un ange de Patrice Juiff - Albin Michel
 
Sur le tranchant des sentiments les plus noirs, neuf nouvelles explorent les mécanismes du genre humain, poussant les personnages jusqu'à leurs limites, dévoilant leur fragilité, leur fracture. Ils doivent trouver en eux-mêmes le ressort pour prendre leur destin en main ; ils en sont capables, chacun en est capable, y compris dans les moments les plus sombres. Ainsi cet homme qui, après une dispute conjugale, rencontre Richard, au bord du suicide. Ainsi cette jeune femme qui ne réalise que dans la peur de la perte combien elle aime son enfant, et combien son enfant l'a portée, elle. Ainsi ces frères et sœurs que l'instinct de survie délivre parce qu'ils ont en eux, tous, l'espoir qui les maintient debout. Cette flamme d'espoir, c'est leur salut.
J'ai beaucoup aimé ces nouvelles écrites avec simplicité mais dont l'issue est parfois déroutante... (je pense que c'est le grand favori)


La Tête en friche de Marie-Sabine Roger - Le Rouergue

C'est pas qu'il soit plus bête qu'un autre Germain, non, même si beaucoup le pensent et lui le premier. Un peu simple, bourru. Un grand gaillard pas bien servi par la vie. Pas du genre à lire des livres, voyez. Et Margueritte, c'est pas qu'elle soit gâteuse du haut de son grand âge. C'est pas qu'elle radote auprès des inconnus pour passer le temps. Mais ça fait 86 ans qu'elle en emmagasine, du savoir et des souvenirs. En bref, c'est pas qu'ils soient faits pour se rencontrer ces deux-là.
Et pourtant au parc, chacun à compter les pigeons, ils vont faire connaissance, se parler, se reconnaître, se guetter et s'apporter l'un à l'autre du réconfort. Germain découvre la force et la richesse des mots, il prête une oreille de plus en plus attentive aux lectures de Margueritte et l'accompagne quand sa vue à elle défaille. Une amitié improbable s'est nouée entre deux solitudes que plusieurs générations séparent.  
Très facile à lire peut être un peu trop, du bon sentiment, de la belle ficelle pas toujours très fine, un joli paquet mais pas inoubliable, c'est de la littérature pour ado et je ne connaissais pas ce genre...

 
Le Rapport Stein de José Carlos Llop - Jacqueline Chambon
 
Fin des années 60, Majorque. Pablo Ridorsa ne connaît ses parents qu'à travers quelques cartes postales envoyées depuis le monde entier. Il vit chez ses grands-parents, dans une atmosphère lourde de bonne éducation et de certitudes étouffantes. Telle une couleur vive projetée sur un mur gris, l'arrivée du jeune Guillermo Stein secoue le collège de jésuites dans lequel Pablo prolonge son ennui.
Dans ce terne ambiant, Guillermo Stein, c'est l'intrusion de la différence et d'une liberté lointaine, au-delà de l'enceinte du collège, au-delà de la ville. C'est aussi le mystère, la jalousie. Sa présence provoque un véritable bouleversement et nourrit à ce point la suspicion qu'une enquête sera menée sur lui. Pablo quant à lui se laisse guider par sa curiosité ; ses découvertes lui ouvriront les portes d'autres mondes et bouleverseront à jamais sa vie.
De ce livre je retiendrais une atmosphère un peu lourde et ouatée qui n'est pas sans me rappeler L'ombre du vent de Zafon dont je vous parlerai bientôt.

mercredi 24 février 2010

lectures #1


Comme prévu voilà la petite chronique littéraire mensuelle... (à peine en retard de 3 semaines)

Au menu du mois de janvier 4 livres dont 3 étrangers... et des sentiments mitigés...

L'élégance du hérisson de Muriel Barbery : "Pour vivre heureuse la Mère Michel a décidé de vivre cachée. Concierge du 7 rue de Grenelle à Paris, Renée Michel a cinquante-quatre ans, elle est veuve, petite, laide, grassouillette, pauvre, discrète et insignifiante. L’immeuble est occupé par la fine fleur de la haute bourgeoisie, de la droite ultra-conservatrice à la gauche caviar, tout ce beau monde étant doté d’une progéniture brillante. Pour eux la concierge n’est pas même pas une personne, simplement une fonction, celle de garder les clefs ou de sortir les poubelles. Aucun d’entre eux ne soupçonnerait qu’elle est plus cultivée qu’eux tous réunis. Madame Michel est mélomane, cinéphile, elle adore la peinture, lit beaucoup, surtout Tolstoï (qu’elle adore au point d’avoir nommé son chat Léon). Elle est capable de réfuter la phénoménologie de Husserl tout en prenant soin de faire croire à son entourage qu’elle passe sa vie à regarder des jeux télévisés. Sa vision des occupants de son immeuble est une radiographie, féroce et lucide de notre société contemporaine. Elle rejoint d’ailleurs celle d’une autre occupante de la maison, une gamine surdouée, déjà revenue des faux-semblants de la comédie sociale dont elle a décidé de se retrancher. Ces deux-là vont finir par se reconnaître sous l’égide d’un nouvel arrivant, un certain M. Ozu lointainement apparenté au cinéaste japonais que la concierge admire tant.
Entre satire sociale et réflexion philosophique sur le sens de la vie, L’Élégance du hérisson est une savoureuse apologie de la seule intelligence qui vaille, l’intelligence du cœur." (fnac.com)

J'ai trouvé l'écriture un peu fastidieuse, alors que les personnages et l'intrigue sont plaisantes...

Miso Soup de Ryû Murakami : "Kabukichô, Tokyo. Trois nuits de décembre, en cette fin de millénaire, deux hommes errent ensemble dans les quartiers louches de la capitale qui grouillent de clubs de rencontre, de peep shows et de "lingerie pubs" pour une humanité en déshérence. Une relation étrange se noue entre eux, entre Kenji, vingt ans, qui guide les touristes au coeur des lieux de plaisir, et Franck, l'Américain, le gaijin, meurtrier inquiétant avec qui il joue au chat et à la souris. Surgit peu à peu une terreur sourde qui va finalement éclater dans une symphonie sanglante.
Dans ce roman court et percutant, Ryû Murakami dresse un tableau précis, terrible, de la réalité japonaise, d'hommes et de femmes qui se tuent au travail, de lycéennes qui se prostituent sans avoir besoin d'argent, de familles déchirées et d'universités sans pitié.
Ryû Murakami est l'auteur de plusieurs romans où il dépeint, avec ce style minutieux et froid qui le caractérise, "l'effondrement de la société japonaise" et raconte cette nouvelle jeunesse errant sans idéal dans un "monde sans âme", qui ploie sous les richesses et sous le poids de sa propre solitude. Sans en avoir tout à fait la puissance littéraire, Miso Soup rappelle irrésistiblement l'American Psycho de Bret Easton Ellis. " (amazon.fr)

A ne pas confondre avec Haruki Murakami, on est loin de l'onirisme et de la légéreté de ce dernier. La société japonaise est dépeinte ici dans ce qu'elle a de plus sombre et pessimiste... Un roman où j'ai du fermer les yeux lors de certains passages trop sanguignolants ! En fait je crois que je n'aime pas les romans à l'ambiance "malsaine", American Psycho ne m'avait pas emballé, de la même manière que les romans de Houellebecq me font bruxer !!

Les paupières d'Oko Ogawa : "Une petite fille touchée par l'élégance d'un vieil homme le suit dans son île et devient son alliée face à l'hostilité du monde environnant. Dans la maison vit aussi un hamster, au regard dépourvu de paupières. Une Japonaise prend l'avion pour l'Europe. A ses côtés s'installe un homme qui lui parle puis s'endort. Sa voisine, incapable d'un tel abandon, l'interroge. Dans l'obscurité du vol de nuit, l'inconnu lui révèle alors l'existence des "histoires à sommeil". Une jeune femme part en voyage pour tenter de fuir ses insomnies. En s'éloignant de son pays, de son amant et de ses habitudes, elle espère trouver suffisamment d'étrangeté pour, le soir venu, s'endormir tranquillement. Dormir, s'endormir, s'éloigner du monde pour retrouver le chemin de l'inconscient, tel est le propos de ce recueil de nouvelles à lire comme une très belle introduction à l'oeuvre de Yoko Ogawa, aujourd'hui mondialement reconnue." (placedeslibraires.fr)

Un sentiment dérangeant à la fin de chaque nouvelle, je me suis sentie souvent mal à l'aise... j'ai par contre trouvé l'écriture très belle...





L'amour est à la lettre A de Paola Calvetti
"Le charme et l'originalité de sa boutique résident dans sa spécialité : les livres consacrés à l'amour. Emma, qui semble s'être résignée au célibat depuis son divorce, n'a pas son pareil pour dénicher l'ouvrage qui aidera un client perdu sur la carte du Tendre. C'est évidemment par l'intermédiaire d'un livre qu'Emma retrouvera Federico, son grand amour de jeunesse. Alors qu'ils ne se sont pas vus depuis trente ans, tout se passe comme s'ils ne s'étaient jamais quittés. Si ce n'est que Federico vit à présent à New York, où il est architecte, marié et père d'une adolescente. Malgré tout, Federico et Emma entament une relation épistolaire, après avoir ouvert chacun une boîte postale dont ils sont les seuls à connaître l'existence… Dans ce roman hors normes, Paola Calvetti rend un vibrant hommage au pouvoir des mots et de la littérature. A lire pour rêver, les yeux ouverts, à toutes les possibilités de l'amour." (fnac.com)
Mouais, ne me laissera pas un souvenir impérissable, c'est plaisant à lire, je ne suis sans doute pas assez connaisseuse de romans d'amour pour en avoir saisi toutes les références. J'ai trouvé les deux protagonistes de cette romance épistolaire un peu tièdes et la fin très "téléphonée". La seule chose qui m'a plue c'est de découvrir, après avoir lu l'histoire, que l'image que je m'étais faite de cette librairie était assez proche de celle du site que l'on peut voir là...

Bon vous l'aurez compris ce mois-ci n'a pas été un super mois de lectures... Parfois je me demande si je ne suis pas un peu difficile, mais j'aime tellement être emportée et avoir plaisir à retrouver tous les soirs mes personnages dans leur petite boîte de feuilles... Et vous, quel est le dernier livre qui vous a fait cet effet...?

lundi 5 octobre 2009

Mon-tag !

Hallo, wie gehts..? Holala, trois mots et je sens déjà que mon allemand est loin, très loin derrière... Que les germaniques et berlinoises qui font parfois escale au pays de la sardine m'excusent... Bref, j'avais trouvé le tag littéraire de la dernière fois sympa, alors je me le suis reconcocté, histoire de ne pas oublier ce que j'ai lu depuis... D'ailleurs, certaines (hein, Framboise) se reconnaîtront, dans leurs conseils de lecture...

Laurent Gaudé "La porte des enfers" ***: Matteo se trouve pris dans une fusillade à Naples alors qu'il accompagnait son petit garçon à l'école, ce dernier est mortellement touché. Ce livre parle de notre relation à la mort et aux morts. De ceux, qui en mourant, emportent un peu de nous dans l'Au-Delà, de ceux, qui vivants, essayent de faire revivre les défunts. Déroutant dans le récit, l'écriture de Laurent Gaudé est toujours aussi "solaire", brûlante et réconfortante, lumineuse et aveuglante.

Luis Sepulveda Le Monde du bout du monde **: Un journaliste chilien exilé à Hambourg retourne en Patagonie après des années d'exil. Un baleinier japonais a mystérieusement fait naufrage. L'enquête est un prétexte pour revenir sur les lieux de souvenirs d'enfance et mettre en garde contre le saccage de la nature à des fins mercantiles. Une écriture mélodieuse.

Haruki Murakami Les amants du Spoutnik **: j'avais acheté ce livre après avoir lu Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil que j'avais beaucoup aimé. C'est l'histoire d'un triangle amoureux. K. est amoureux de Sumire qui, elle, n'aime que la littérature et Miu, une femme mariée. Une histoire de solitudes qui mêle onirisme et fantastique dans une écriture fine et légère.

Milena Agus Mal de pierres ***: conseillé par Framboise et je te remercie... "Au centre, l'héroïne : une jeune Sarde étrange " aux longs cheveux noirs et aux yeux immenses ". Toujours en décalage, toujours à contretemps, toujours à côté de sa propre vie... A l'arrière-plan, les personnages secondaires, peints avec une extraordinaire finesse : le mari, épousé sans amour, sensuel, taciturne, à jamais méconnu ; le Rescapé, brève rencontre sur le continent, qui lui laisse une empreinte indélébile ; le fils, inespéré, et futur pianiste ; enfin, la petite-fille, la narratrice de cette histoire, la seule qui permettra à l'héroïne de se révéler dans sa vérité. Mais sait-on jamais tout de quelqu'un, aussi proche soit-il ?"

Milena Agus Mon voisin ***: Heureuse de ma précédente lecture, j'ai avalé Mon voisin, mais toujours pas mangé mon père ;-)... "Glisser dans la baignoire en changeant le rideau de douche, faire croire à un accident, confier le petit à une famille normale... Pour se délester de la pesanteur de la vie, elle s'amuse à imaginer le suicide parfait. Mais le jour où le voisin entre dans sa vie, son regard sur le monde change. Dans un Cagliari écrasé de soleil, Milena Agus met en scène des personnages hors normes, enfants en mal d'amour, adultes en quête d'un peu de douceur."

Shan Sa Les quatre vies du saule **: Bon c'est un fait, j'aime beaucoup les histoires et l'écriture de Shan Sa. Ce livre ne déroge pas à la règle, bien qu'il soit un peu moins bien que ceux que j'ai pu lire. "Un jeune homme lettré en quête de reconnaissance au point qu'il en oublie sa femme, des jumeaux qui jonglent entre haine et amour, un adolescent révolutionnaire survivant grâce à la femme qui l'a fait arrêté et une businesswoman déjà lassée par l'amour, telles sont les quatre vies du saule. Quatre nouvelles faisant référence au saule, symbole en Chine de la mort et de la renaissance.
Shan Sa sillonne les vies, explore les terrains tortueux de l'amour, traduit les premières révoltes et les premières trahisons, mais ne laisse jamais de côté la dimension historique (de la dynastie des Ming à la Révolution culturelle), qu'elle mêle avec brio à ses perpétuelles interrogations sur la vie.
Malgré sa thématique agréable, ce livre a une atmosphère pesante, pleine d'appréhension, car l'auteur laisse toujours flotter derrière la moindre joie un mauvais pressentiment, une aura de malheur dont le saule semble être le responsable malgré lui."

Eduardo Mendoza Sans nouvelles de Gurb *: "On retrouve dans ce très court roman le jeu d'écriture qui consiste à décrire notre monde à travers le regard fictif d'un étranger ignorant tout de nos moeurs. Certes, ce roman amuse et son ironie cible assez bien le ridicule de certains aspects de notre monde actuel. Mais on est tout de même loin de Voltaire ou Montesquieu et l'auteur en fait parfois un peu trop. L'humour est souvent un peu lourd. Cela reste tout de même un agréable divertissement, et nos deux extraterrestres, tout en commentant notre monde, sont aussi des représentations de types humains et, autre face du roman, des relations humaines (voire même des relations de couple).
Donc, distrayant, mais pas incontournable."

Tonino Benacquista Saga **: encore un livre conseillé par Framboise... et je te remercie car j'ai passé un très bon moment !!
"Tonino Benacquista a un certain talent pour accrocher son lecteur. Ses quatre personnages sont attachants, bien définis sans être caricaturaux, chacun a ses petits secrets et sa petite histoire. En fait de Saga, ce sont ainsi deux sagas que l'on suit : celle des scénaristes et celle des protagonistes du feuilleton qu'ils écrivent. Le milieu des médias (éditeurs, chaînes de télévision, cinéma ...) est très bien décrit et l'atmosphère vous imprègne très vite : impossible de le lâcher tant qu'on ne l'a pas fini !Par contre, on peut regretter les proportions prises par les évènements sur la fin qui flirte même avec un brin de "science-fiction". Sans la raconter, je trouve que la fin cherche un peu sa place dans ce roman."

Kitano La vie en gris et rose : "Ce livre est intéressant car il décrit l'enfance de Kitano Takeshi dans une famille pauvre et désunie du Japon d'après guerre, entre un père alcoolique et violent et une mère d'une sévérité assez terrifiante. Mais je n'ai pas du tout adhéré au style, qui se veut je pense celui d'un gosse des rues, mais qui m'a exaspérée tout au long du récit, avec son accumulation de "j'te jure", "j'te dis (pas)", "j't'assure". Et puis toutes ces minuscules histoires, même si elle forment un témoignage intéressant, se lisent beaucoup trop vite et on referme le livre en à peine une heure, sur un sentiment très mitigé..."

Ishida Ikebukuro West Gate** : Lu in situ... la classe, hein !
"Bienvenue à Ikebukuro West Gate Park. Un square ouvert aux aventuriers urbains, à la sortie ouest de la gare d'lkebukuro C'est là que Makoto et ses amis ont établi leur QG. Makoto a dix-neuf ans, et c'est un trouble shooter, un " solutionneur d'embrouilles ". Des embrouilles. il n'en manque pas dans ce quartier où se rencontrent gamins à la dérive, yakuzas, filles perdues et clandestins dans le Japon de l'envers. Avec pour seules armes son énergie et sa débrouillardise, Makoto résout les énigmes, vient en aide à ceux qui sont dans la détresse, et tente de ramener la paix dans les rues menacées par une sanglante guerre des gangs. Si Ikebukuro West Gate Park a obtenu le Grand Prix de littérature policière au Japon. il dépasse de loin le cadre du roman policier. Quand on referme le livre, on a l'impression de connaître par cœur ce quartier de Tôkyô, chacune de ses ruelles où se côtoient bars à karaoké et love-hôtels, on s'est attaché à chacun de ses habitants. Par petites touches incisives d'un pinceau très rapide, Ishida Ira a produit une œuvre extrêmement originale, dont la toile de fond plutôt noire s'éclaire de soudaines bourrasques de soleil"
J'ai beaucoup, d'ailleurs, le tome II m'attend !!

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !

ps : Vous n'êtes pas sans savoir que madame Louvegaroute a ouvert sa petite boutique de livres pour enfants et avec ses talents de couturière et de conteuse, ce sont vraiment de chouettes objets si vous avez des petits bouts à gâter !!

ps2 : les critiques entre guillemets ne sont pas de moi, car mine de rien, ça fait 4 mois que ce post est en mode brouillon !!

ps3 : j'espère ne pas attendre 6 mois avant de vous présenter ma readlist de cet été...